
Le mandat existait, il fallait le prendre : des analystes apprennent à confronter sans rompre
Un groupe européen de distribution spécialisée aligne ses systèmes, ses processus et ses données sur plusieurs entités. Au centre, une vingtaine de business analysts et de product owners, sans autorité hiérarchique, pris entre des métiers pressés et des équipes IT qui ont leur propre calendrier.
En bref
Distribution spécialisée · Une vingtaine d’analystes et de product owners · Une journée par groupe, avec un acteur
Le défi : Pas d’autorité hiérarchique, des métiers pressés et une IT qui a son propre calendrier. Tout le monde dit oui, et rien ne bouge.
Notre réponse : Une journée par groupe, où chacun rejoue ses propres dossiers face à un acteur professionnel.
Résultat : 4,1/5 pour la qualité et 4,6/5 pour le travail avec l’acteur (premier groupe évalué). Chacun repart avec une conversation prête, une date et un binôme.
Tout le monde dit oui, et rien ne bouge
La fonction est transversale par nature. Recueillir les besoins, concilier des demandes contradictoires, arbitrer ce qui tient dans les ressources et les délais, puis traduire le tout pour des équipes IT pluridisciplinaires. Sans levier hiérarchique, et dans deux directions : challenger les métiers, obtenir des engagements de l’IT.
À l’intake, la commanditaire et une responsable d’équipe ont posé le diagnostic : ces collaborateurs veulent bien faire pour tout le monde. Le mandat est là. Il n’est pas toujours pris.
Ce que cela produit :
- Des discussions qui ne débouchent sur aucune décision, et du temps perdu en allers-retours.
- Des décisions déjà prises, rouvertes à la demande.
- Des conversations difficiles reportées pour ne pas abîmer la relation.
- Des accords obtenus en réunion qui ne tiennent plus une fois la porte fermée.
- Des dossiers qui reviennent à l’expéditeur : les escalades atterrissent chez celui qui voulait déléguer.
- Des formations antérieures sur le feedback et le leadership transversal, restées trop théoriques pour changer les pratiques.
Les huit fiches de préparation reçues avant la première session ont confirmé le tableau. Sept fixaient un objectif observable. Deux seulement proposaient trois options et une première phrase écrite. Quatre prévoyaient un plan B et un moment de suivi. Et aucune ne décrivait un clash : ici, le conflit est silencieux, fait d’accords qui ne se traduisent jamais en actes.
L’enjeu n’était donc pas la négociation classique de contrats et de prix. C’était la négociation interne : oser confronter, garder la collaboration, et en sortir avec un résultat.
« Oser confronter » : ses propres dossiers, rejoués face à un acteur
Lead a conçu, via un organisme de formation partenaire, une journée par groupe, chacune dans la langue de travail du groupe. Plus de 70 % du temps est consacré à la pratique ; l’apport du formateur tient en moins d’une heure sur la journée. Un cycle en trois temps se répète : faire d’abord, sans consigne ; regarder ensuite ce qui s’est passé ; apporter enfin le modèle, condensé sur une carte de synthèse. Le fil rouge : dire non, ce n’est pas être désagréable, c’est être clair.
Avant : cadrer et préparer
- Un intake avec la commanditaire : enjeux, profil du groupe, conditions de sécurité.
- Des groupes de dix à douze personnes au plus, dans une salle isolée, loin du plateau de travail.
- Les team leads présents comme participants, jamais comme observateurs.
- Chaque participant prépare une situation réelle sur la fiche TRACE ; les formateurs lisent chaque fiche et répartissent les cas entre les simulations.
Matin : le terrain de jeu et la préparation
- Un jeu coopératif d’ouverture où celui qui voit ne peut pas agir, et celui qui agit ne voit pas : la position exacte de l’analyste.
- Mandat, limite, conseiller de confiance : trois choses à décider avant la conversation, pas pendant.
- Relation et résultat : sortir de la posture accommodante, prise ici pour du service.
- La fiche TRACE affûtée en binôme : le partenaire joue la partie adverse et cherche les failles.
Après-midi : le moment de la confrontation
- Simulation 1 : chacun rejoue son propre cas face à l’acteur, en rotation entre le siège, l’observation et le rôle de caisse de résonance.
- Écouter, résumer, questionner ; dire non avec une raison et une alternative ; annoncer une mauvaise nouvelle dans les deux premières minutes.
- Simulation 2 : la conversation que l’on reporte depuis des semaines, face à l’interlocuteur le plus difficile.
- Au-delà du réflexe gagnant-gagnant : connaître sa cible et son plancher, annoncer l’escalade avant de la faire.
Après : ancrer
- Une conversation, une date, un binôme : chacun repart avec l’échange qu’il va mener et un collègue pour le préparer.
- Un calendrier commun aux deux groupes : la conversation menée, un point avec le binôme, puis un bilan.
- Des fiches outils d’une page pour la suite : cadre professionnel, schéma de négociation, oser parler d’un comportement.
La méthode signature : TRACE
Cinq questions auxquelles on ne sait plus répondre une fois dans la conversation. Target : quel résultat observable je vise. Reality : les faits, séparés des interprétations. Action : trois options réelles et ma première phrase, écrite mot pour mot. Considerations : ce qui joue sous la surface, l’histoire, le rapport de force, les émotions des deux côtés. Endgame : mon résultat minimum acceptable, mon plan B et le prochain point de contact.
Préparée avant la session sur un cas réel, la fiche rend visibles les failles de l’approche avant que l’interlocuteur ne les trouve. Elle reste ensuite un instrument, pas un exercice.
Un acteur professionnel, pour que le formateur reste observateur
L’acteur joue l’interlocuteur fuyant, celui qui escalade, celui qui dit oui et ne fait rien. Il réagit au comportement du participant, qui ressent l’effet de sa propre approche au lieu d’en entendre parler. Trois conventions rendent l’exercice sûr : n’importe qui peut figer la scène, la personne en siège peut rejouer les trente dernières secondes, un observateur peut prendre la place pour montrer. Et une règle : on travaille sur le contenu de la conversation, jamais sur la personne.
Chacun repart avec une conversation prête, une date et un binôme
- Une fiche TRACE travaillée sur un cas réel, affûtée en binôme puis éprouvée face à l’acteur.
- Cinq cartes de synthèse, une par temps fort de la journée.
- Un plan d’action KIDI : garder, améliorer, arrêter, initier, une action par case.
- Un engagement : quelle conversation, avant quel jour, préparée avec quel collègue.
- Le modèle TRACE vierge et six fiches outils d’une page pour les conversations suivantes.
- Pour la commanditaire : un calendrier de suivi commun et des pistes pour croiser les retours des deux groupes.
Le client a repris la main sur la suite
Les deux journées ont eu lieu. Le premier traitement des évaluations, pour l’un des deux groupes, donne 4,1 sur 5 pour la qualité et 4,6 sur 5 pour le travail avec l’acteur. L’application en pratique obtient le score le plus bas, 3,9 sur 5 : les participants demandent encore de l’aide pour transposer au quotidien.
C’est précisément ce que l’ancrage doit traiter. Deux semaines après la formation, la commanditaire a écrit elle-même à toute l’équipe : choisir un binôme, mener la conversation préparée, faire le point avec son binôme, puis en parler avec son manager, chaque étape avec une échéance.
Le dispositif vise à :
- des conversations difficiles menées plus tôt, au lieu d’être reportées ;
- des réunions qui se terminent par qui fait quoi, et pour quand ;
- des escalades annoncées, qui portent sur une décision bloquée et jamais sur une personne ;
- un réseau de binômes entre collègues qui font le même métier pour plusieurs entités.
La formation n’était que la première étape. Le véritable apprentissage commence quand on met ces techniques en pratique.
Responsable des solutions métier, commanditaire de la formationUne pratique de la négociation interne, pas un cours de plus
- Des formateurs dont l’expertise en négociation vient du dialogue social et de la négociation commerciale, appliquée ici à l’influence sans mandat.
- Une journée construite à partir des dossiers réels des participants, lus un par un avant la session.
- Un acteur professionnel qui libère le formateur pour observer et débriefer avec précision.
- Un ancrage simple et daté : une conversation, une date, un binôme.
Dans vos équipes transversales, quelles conversations attendent encore le bon moment ?
Si vos analystes, chefs de projet ou product owners portent un résultat sans levier hiérarchique, nous pouvons construire une journée à partir de leurs propres dossiers, face à un acteur. Parlons-en.

Faites le premier pas


















